La Nation

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posté le 18-01-2010 à 08:21:09 GMT +1

S.O.S. HAITI

VOEUX DU PRÉSIDENT D'ESPACE GABON NORD

 

 

 

 

Chers compatriotes, membres et sympathisants d’EGN,

La tension est retombée après la folle semaine de retrouvailles et de fêtes que représente chaque année la période allant du 25 au 31 décembre. Le quotidien a repris

ses droits, et je ne peux m'empêcher de penser à ceux d'entre vous qui bravent le froid, chaque jour, en cet hiver particulièrement rude, à la recherche de ces quelques euros sans lesquels le séjour en France serait encore plus difficile, à ceux – nombreux – qui vivent présentement dans le stress des examens de fin du premier semestre, comme à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, vivent des situations complexes et singulières.

 

 

A tous et à chacun donc, et quelle que soit votre situation, je vous souhaite, au nom de l'association Espace Gabon Nord, celui du Bureau que j'ai l'honneur de présider depuis le 1er novembre 2009 et au mien propre, tous mes voeux les meilleurs pour l'année 2010.

 

 

Les Pères fondateurs de notre association, qui fête cette année – à titre de rappel – ses dix-sept ans d'existence, avaient le souci de créer un espace de rencontres et d'échanges qui soit vitrine du Gabon dans le Nord – Pas-de-Calais, par l'entraide, la solidarité et la promotion de notre richesse culturelle. Ce sont ces valeurs nobles que l'on retrouve dans le programme de campagne que nous vous avons soumis au moment de notre élection – « Le Gabon, partout et toujours » –, qui sous-tendent notre action. En effet, nous essayons à notre niveau, modeste forcément, à l'instar d'autres associations gabonaises de France, d'être au plus près de vous et de vos préoccupations, afin de créer avec vous tous, les conditions d'un mieux-vivre ensemble dignes de la grande famille que nous formons.

 

 

C'est en raison de cette proximité saluée par tous que nous servons aussi de trait d'union, lorsque les circonstances l'exigent, entre les services de la Haute Représentation Diplomatique du Gabon en France et vous. En ce sens, nous continuerons d'être très attentifs au développement de certains grands dossiers qui cristallisent vos inquiétudes.

 

 

Il s'agit, pêle-mêle et sans être exhaustif, de la question des expulsions arbitraires de certains de nos compatriotes, de la prise en charge des jeunes diplômés qui rentrent au Gabon, ainsi que du problème de l'insuffisance de la bourse d'études et de son impact sur la scolarité des étudiants, dont le rendement scolaire est parfois contrarié par la nécessité où ils sont de pratiquer « les petits boulots » pour vivre peu ou prou décemment.

 

 

Mais il y a plus grave: aujourd'hui, l'insuffisance de la bourse ferme les portes du troisième cycle à certains d'entre nous et nous fait parfois revoir nos ambitions à la baisse. C’est pourquoi, notre rôle en tant qu'associatifs est de relayer toutes ces difficultés aux autorités gabonaises, seules capables d'y apporter des solutions définitives.

 

 

Chers amis,

La vitalité de notre association est fortement tributaire de la pleine implication de chacun d'entre vous. Qu'il me soit ici permis de saluer le travail bénévole ô combien important de tous ceux qui, par leur contribution multiforme, participent du rayonnement d'EGN. Je voudrais notamment dire ma fierté de conduire une équipe extrêmement motivée, et dont le leitmotiv est l'innovation positive et mesurée. Et les actions ne manquent pas, qui permettront de concrétiser tout au long de l'année cette ambition.

 

 

Nous pensons faire du lancement des activités de chaque nouveau Bureau un moment de fête clairement identifié et inscrit dans le calendrier de l'Association au même titre que la Soirée d'Insertion, entre autres. C'est l'occasion de remercier une fois encore et ce de façon solennelle, notre compatriote le Père Félicien NDONG, qui nous a fait l'amitié de venir célébrer la messe de rentrée que nous avons initiée et qui s’est dit d'ailleurs disposé à renouveler cette expérience toutes les fois que cela sera nécessaire.

 

 

 Puis, avec l'« Arbre de Noël des enfants », dont le succès honore autant EGN que nos dynamiques compatriotes responsables de La Cave des Filles pour leur collaboration encourageante, nous ambitionnons de réparer un oubli coupable, celui qui touche nos chers enfants, neveux et nièces, qui étaient jusque-là exclus de nos différentes manifestations. Avec votre concours, d'autres événements sont en préparation, à savoir la révision des statuts d'EGN, l'organisation de rencontres scientifiques pour la valorisation vos travaux universitaires, ou l'organisation d'une journée du Gabon le jour de la Fête nationale, pour

ne citer que ceux-là.

 

 

Je voudrais également rendre hommage à tous les membres des clubs sportifs et culturels de notre Association: les clubs de football et de basket-ball, la chorale Le Choeur de l'Ogooué et le groupe de danse Les Bangandettes. C'est aussi grâce à leur action qu'Espace Gabon Nord figure l'une des associations gabonaises les plus en vue de France. Enfin, comment ne pas parler de tous ceux qui, sans être ni dans l'équipe dirigeante, ni proprement dans aucun club, consacrent du temps et plus encore pour la réussite de nos activités? A vous tous donc que je ne saurais nommément citer, j’adresse ma plus profonde gratitude.

 

 

Enfin, au moment où je vous adresse mes voeux pour la nouvelle année, je ne puis rester indifférent au drame que vivent nos frères d'Haïti. Cette catastrophe nous rappelle de façon à la fois tragique et brutale combien éphémère peut être l'impression de bonheur dans un monde en pleine mutation. Je suggère donc que nous nous associions à la solidarité internationale déjà en marche au travers d'une contribution financière que nous adresserions à l'une des nombreuses ONG engagées sur le terrain.

 

 

Pour ce faire, une caisse est ouverte à compter de ce jour jusqu'au 31 janvier 2010. Il est demandé aux personnes intéressées de se rapprocher des membres du Bureau d'Espace Gabon Nord.

 

 

Puisse cette année qui commence être marquée du sceau de la réussite dans tous vos projets, du bonheur, de la prospérité, de la santé et de la paix!

 

 

 

BONNE ANNEE 2010

 

 

Je vous remercie.

Le Président d’Espace Gabon Nord

M. Christel-Donald ABESSOLO

 

 


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Izangadjabulu  le 27-01-2010 à 11:43:06  #   (site)

Merci pour ce son qui me rappelle tant mon village où je suis né, mon village où je puise toutes les forces nécessaires pour surmonter les difficultés de la vie, mon village où les jeunes se battent sans cesse pour s'assurer d'un avenir meilleur

 
 
posté le 16-01-2010 à 05:02:09 GMT +1

RESPONSABILITE INTERGENERATIONNELLE

  Un fils doit-il payer pour les crimes de son père ?

 

 

« Hérite-t-on, grand Dieu ! de ceux qu’on assassine ? »

 

PORTALIS, inscription empruntée à Crébillon,

 in Louis LALLEMENT, Eloge de Jean-Etienne-Marie Portalis,

Auguste Durand, Paris (Extraits des Mémoires de l’Académie de Stanislas), 1861, p.21)

 

 

 

 ***

A en juger par son étymologie, le mot crime dérive du latin crimen, qui signifie à la fois « accusation » et « [t]ransgression particulièrement grave, attentatoire à l’ordre et à la sécurité, contraire aux valeurs sociales admises, réprouvé par la conscience et puni par les lois » (Sic : Vocabulaire Cornu, p.250). C’est pourquoi, le crime peut être une infraction relevant du droit commun ou du domaine politique (Lexique des termes juridiques, p.172).

 

Toutefois, bien plus qu’une infraction au sens technique, la référence au politique dans le présent exposé se limitera à l’idée de responsabilité d’un dirigeant – homme politique et/ou homme d’Etat – engageant celle de ses descendants en raison d’infractions avérées ou pour les échecs accumulés dans l’accomplissement du mandat dont il eut la charge.

 

 

Mieux qu’un long discours, un film de Guillaume Nicloux résume par une belle interrogation le dilemme que peut représenter à la fois une succession patrimoniale et un héritage politique : « Un fils doit-il payer pour les crimes de son père ? » Mais loin des productions cinématographiques, nombre de familles et de sociétés sont en proie à cette question.

 

Pour certains fils de familles nombreuses, citoyens de pays multiculturels, dont l’Histoire témoigne certainement de cas de cette nature, il est particulièrement angoissant de se poser cette question au moment où, Dieu aidant, la fin de leur formation les conduit inévitablement à l’exercice d’exaltantes responsabilités. Cependant, parallèlement à la filiation biologique, la notion de fils implique bien plus qu’un lien de sang ou de droit. La succession, en matière politique, est peuplée d’héritiers. Un fils peut donc sous-entendre, ici, quelque héritier d’une Grande figure, quelles qu’en soient la relation, la communion ou l’affinité.

 

Bien riches sont les références religieuses, juridiques, coutumières et de bon sens, qui peuvent permettre de tenter une ou plusieurs réponses à ce problème. D’une manière globale, il apparaît opportun de s’inspirer du principe juridique de l’individualisation des infractions et des peines (1), pour dire qu’un descendant ne devrait point payer pour les fautes de son père ; même s’il existe des nuances inhérentes à la responsabilité des fils en matière politique (2).  

 

 

(1)-Le principe juridique de l’individualité des infractions et des peines

L’individualisation est un dérivé du verbe individualiser signifiant, dans le cadre de la présente réflexion, l’adaptation d’une décision « à la personnalité propre et à la situation particulière d’un individu (…) » (Vocabulaire Cornu, Op. cit., p.474). En somme, le principe de l’individualité des infractions et des peines impose une adaptation des jugements à la personne ou à l’individu qui en est coupable.

 

 

 L’individualisation doit cependant être distinguée de la personnalisation, qui implique une considération des circonstances et de l’état mental et psychologique du justiciable (Vocabulaire Cornu, Op. cit., p.666).Pourtant personnalisation et individualisation sont proches. Car les deux éléments évoqués plus haut, liés à la personnalité et à la situation, renvoient à une appréciation in casu et à une considération in concreto de la mesure envisagée.   

 

*Une appréciation in casu.-L’hypothèse d’un jugement dans une infraction de droit commun met en lumière la locution latin in casu, qui signifie : « dans l’espèce » ou dans la situation envisagée. Les variantes de cette étymologie se trouvent d’ailleurs confortées par l’idée du cas considéré et celle du cas par cas. Ce qui est valable pour des situations judiciaires le peut être aussi pour l’engagement politique.

 

 

A supposer donc qu’une personne ait participé à l’action politique de son ascendant, elle devrait, en ce sens, pouvoir être « jugée » ou « tenue responsable » dans le cas considéré et non pour une situation différente ou distincte.De même, certaines situations ayant donné lieu à une responsabilité collective ou intergénérationnelle ne peuvent être érigées en solutions systématiques pour d’autres cas. L’implication d’une même personne dans des situations distinctes ne peut également conduire à une application automatique des mêmes mesures.

 

 

Telle est l’idée du cas par cas, qui est aussi sous-tendue par le principe de l’appréciation in casu.L’adaptation des mesures de justices, comme des appréciations politiques, devraient également être adaptées à la situation concrète.  

 

 

*Une considération in concreto.-La responsabilité des fils pour des faits et actes accomplis ou actions menées par leurs pères doit, d’autre part, obéir au principe de la considération in concreto ; autrement dit, en pratique ou dans les faits et non par supputations, analogies ou déductions imposées par la seule filiation. Qu’est-ce qui peut être, concrètement, reproché à l’individu ou à la personne considérée de manière à voir engagée sa responsabilité trans-générationnelle ?

 

 

Il apparaît bien plus difficile de répondre à cette préoccupation que de succomber à des délits de faciès. La réalité, au prisme du principe de l’individualisation des infractions et des peines, invite donc à dégager la responsabilité des pères et des fils dans chaque acte ou action de leur vie en tant que justiciables ou acteurs sociaux.

 

Pourtant, si sur le terrain du droit commun et des infractions politiques au sens technique, les responsabilités sont attachées à l’individu, au cas concret ou à l’espèce considérée, le registre politique comporte bien de nuances. 

 

 

 (2)-Les nuances inhérentes à la responsabilité des fils en matière politique

Selon un proverbe gabonais : « Mapéndjé nâ ba hangwê, bépêlou nâ bana ». En effet, dans la culture kota, les blessures des pères se cicatrisent sur les fils, à moins que ce soit les fils qui portent volontiers les stigmates des meurtrissures infligées aux ascendants ; ce qui, en termes de responsabilité intergénérationnelle, revient au même résultat : un fils, dans cette culture, paie pour les crimes de son père !  Il n'y a cependant rien de surprenant. Le général de Gaulle ne disait-il pas avec emphase: "Si je pète, c'est Foccart qui pue?"

 

 

Mais une question fondamentale reste déterminante pour le partage de ce type de responsabilité : ce fait résulte-t-il d’un Devoir (doit payer) ou d’une Possibilité (peut payer) ? C’est là tout l’intérêt de la question, dont il importe de voir séparément les réponses : d’une part, le don et la dette politiques et, d’autre part, la stratégie du parricide. 

 

 

*Le don et la dette politiques.-Donner (ou recevoir) en politique est un couteau à double tranchant, car il suppose toujours une contrepartie et ce, même si ledit « don » a lieu entre personnes unies par un lien filial. Une langue bantu en résume ainsi l’esprit : Djakah, hombêtchê, « manger et régurgiter ». De plus, ce qui est caractéristique du don politique, c’est que, même à dose homéopathique, il en réclame davantage en termes de compensation; et ses effets prennent plus d’ampleur en cas de quête d’existence ou d’émancipation de l’heureux « bénéficiaire ».

 

 

Soit, celui-ci est appelé à être ou paraître plus démonstratif pour se distinguer de son encombrant prédécesseur ; soit il est condamné à en faire autant, pour préserver les acquis et ménager les clientèles. Cette oscillation, parfois ambiguë, entre volonté d’affranchissement et impossible rupture du « cordon ombilical », est à l’origine de la perte de bien de régimes.

 

 

C’est donc à trop vouloir « ressembler à son père », que le fils finit par assumer malgré lui toute la jouissance du patrimoine politique acquis en héritage ; actif et (surtout) passif compris. Alors, dans ce cas, les turpitudes du père peuvent indirectement nuire au fils et conduire ainsi ce dernier à payer pour les crimes ou fautes commis et imputés à un autre. Il est toujours agréable de rembourser les dettes de ses ascendants, mais on ne peut, sous couleur de reconnaissance, d’amour et de respect pour ceux-ci, assumer toutes les charges des actes auxquels on est manifestement étranger et innocent.

 

En conséquence, pour exister par eux-mêmes et marquer l’Histoire de leur propre empreinte, la plupart des « fils à papa » procède-t-il par un acte à la fois courageux et risqué : le meurtre du père. 

 

 

*Le parricide.-Nombre de successeurs voire successibles, ayant compris que la plupart de ces héritages politiques sont aussi vides que le testament du nœud de vipères (François Mauriac), s’emploient à faire disparaître gentiment le père. Cette action commence progressivement pendant que l’intéressé est encore en activité ou, disons-le, en vie.

 

 

Une fois le père conduit ad patres, le digne héritier s’applique, à coups de réformes et de repositionnements, à s’en démarquer. Cette stratégie du parricide est, depuis les coups mortels de Brutus sur César, la voie royale pour accéder à une existence par et pour soi-même.

 

 

Le parricide apparaît d’ailleurs comme une insurrection instinctive des fils contre un syndrome de puissance paternelle qu'on pourrait appeler "la piété d’Abraham". En effet, la Bible rapporte que cet illustre personnage n’hésita pas un seul instant à offrir Isaac (fils chéri et unique à l’époque, dit-on) en sacrifice à la Divinité comme acte suprême de dévotion (Genèse : 22, 9-10). Il n’est donc pas exclu, que de leur vivant ou durant leur mandant, les pères pensent par anticipation à « une vengeance longtemps méditée » (Mauriac, p.15) sur ceux qui nourrissent les velléités à peine dissimulées de les affecter dans l’oubli.

 

 

Il est en conséquence une constante, à observer que la majorité des Grandes figures de l’Histoire est passée par le meurtre du père pour accéder à ce statut. 

 

 

***

Non, un fils ne doit en aucun cas payer pour les crimes de son père ! Il serait injuste de se risquer à une confusion ou déduction des responsabilités du seul fait de la filiation, biologique comme politique. 

 

 

Toutefois, à la manière du règlement du passif successoral en Droit civil (Code civil, article 761, alinéa 1), le créancier de l’héritier politique qu’est le Peuple souverain peut « poursuivre personnellement les héritiers(…) » par le génie du suffrage universel.

 

 

Pour y échapper ou pour savourer une revanche méritée, l’acceptation délibérée de « payer pour les crimes de son père » peut constituer, pour un fils, le premier pas et le meilleur char menant à un parricide longuement cogité.Ce qui est délicat sur le champ politique, c’est que le meurtre du père a souvent lieu à titre posthume. Il s’agit là des scories de la lutte pour le pouvoir, aussi vieilles que la vie des hommes et dont les raisons sociologiques sont parfaitement résumées par Montaigne :

 

 « Le père et le fils peuvent être d’un caractère tout à fait opposé et les frères aussi : C’est mon fils, c’est mon parent ; mais c’est un homme farouche, méchant ou sot. »  

 

 

Arthur BENGA NDJEME : Nancy, le 16.I.2010, 04h08 

 

Références

MONTAIGNE, De l’amitié (Extraits), in Etienne de La Boétie par Adolphe Rechastelet : De la Servitude volontaire, ou Le contr’un, Les marchands de nouveautés, Bruxelles, 1836, p.10.

MAURIAC François, Le nœud de vipères, Grasset, 1933, pp.11 à 14 notamment.

GUILLIEN Raymond et VINCENT Jean (sous la dir.), Lexique des termes juridiques, 13e édition, Dalloz, 2001.

CORNU Gérard, Vocabulaire juridique, PU/Quadrige, 6e édition, 2004.

La Bible de Jérusalem, Traduction française sous la direction de l’Ecole biblique de Jérusalem, Editions de référence avec notes et augmentée de clefs de lectures, Fleurus/Cerf, Rome, 2001, p.62.

Code civil de la République gabonaise, Deuxième partie, Loi N°19/89 du 30 Décembre 1989.

 

 

 


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posté le 14-01-2010 à 23:17:18 GMT +1

HAITI. UNE PLAIE AU FRONT DE L'HUMANITE

L’Humanité blessée   

 

 

 **

 

 

Dans les tonnes de gravats de Port-au-Prince,

L’Humanité exhibe sa plaie : Haïti !

Diadème infecté sur son front, serti

D’un diamant rouge qu’un sang maudit rince !

 

  *

 

Haïti ! Trou Noir au cœur de l’Atlantique !

Le Monde t’abandonne à cause du vaudou;

Perle des Antilles broyée par son boubou

Africain! haïe pour cultes sataniques !

 

  *

 

Ô Haïti ! je porterai en couronne

De roses ton nom, avec cette fierté

Qui a brodé sur ton front le mot Liberté!

Et je te dis : pardon, pour ma voix atone!

 

 

 

**

   Arthur BENGA NDJEME : Nancy, le 14.I.2010, 23h01

 


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posté le 13-01-2010 à 23:24:45 GMT +1

CAFE SANS CAFE

Café misère   

 

 

 

Ce soir, je bois mon café misère ;

Plein la tasse, mon café sans café

Fend la gorge comme un autodafé,

Le sucre en amas de poussière !

  

 

Je le mets ce soir au micro-ondes,

Avec un magma de lait concentré

Séquestré dans un long tube éventré,

Comme on ne le fait plus dans ce monde !

  

 

Je le bois en pensant à mes frères,

De Port-au-Prince à Mogadiscio ;

Muet, le dos tourné au patio,

Les yeux clos comme une prière.

  

 

Ô mon café sauveur bu tiède!

Sans tartine, sans fromage et jambon ;

Mon bon café aux saveurs de charbon

Qui, chaque soir me vient en aide !

 

 

http://books.google.fr/books?id=PW3YdzQP6JoC&dq=arthur+benga+ndjeme&printsec=frontcover&source=bl&ots=GCAvSOTIPm&sig=1bciLIJ8TUUIYSDpo9hvZto-PaY&hl=fr&ei=eblPS9KuJIiUnwO_t_yZCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CAsQ6AEwAQ#v=onepage&q=&f=false

   Arthur BENGA NDJEME : Nancy, le 9 Décembre 2009, 03h29

 


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posté le 13-01-2010 à 15:41:28 GMT +1

LA MARIEE DE L'HIVER

 

 

 

 

 

 

La jeune mariée de Boudonville

 

 

 

 L’univers est tout blanc, cher Ilitch!

J’ai pris un panier de sandwichs

Et me suis claustré dans ma chambre

Avec mes dés et mes anneaux d’ambre.

 

 

  Quand tant de neige tombe du ciel

Et qu’on y répand des tonnes de sel

D’Afrique, le sol, en porcelaine,

Appelle gants et manteaux en laine.

 

 

Or tu sais bien que les temps sont durs :

Il est vrai que tous ses flocons sont purs,

Mais l’épaisse farine givrante

Gèle les lèvres et les comptes !

 

 

Voici ce qui m’amène ce matin.

En admirant les saules et les pins,

J’aperçus une carte postale :

Un cèdre dans une joie totale!

 

 

Sa robe blanche aux teintes variées

 En faisait une jeune mariée ;

Les chants des corbeaux et des palombes

Chassaient la neige autour de ses lombes.

 

 

Ondulant à ses rythmes du Liban,

Ce grand cèdre publie toujours ses bans

A chaque hiver que Boudonville

Reçoit, pour cette union civile !

 

 

Ses bras tendus vers notre bâtiment,

Il exécute encore hardiment

Quelques pas de la danse du ventre

En se maintenant bien au centre.

 

 

C’est la carte postale de Nancy

Telle que je l’ai contemplée aussi;

Rassure-toi, j’ai mis un bonnet!

Demain, je lui dédie un sonnet.

 

 

 

Arthur: Nancy, le 13.I.2010, 14h45

 

 


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