La Nation

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posté le 02-04-2010 à 11:06:18 GMT +2

LA ROSE DE GRANIT

 

 

CASA

 

 

 

 

 

 

  Tal vez ésta es la casa en que viví

cuando yo no existí ni había tierra,

cuando todo era luna o piedra o sombra,

cuando la luz inmóvil no nacía.

Tal vez entonces esta piedra era

mi casa, mis ventanas o mis ojos.

Me recuerda esta rosa de granito

algo que me habitaba o que habité,

cueva o cabeza cósmica de sueños,

copa o castillo o nave o nacimiento.

Toco el tenaz esfuerzo de la roca,

su baluarte golpeado en la salmuera,

y sé que aquí quedaron grietas mías,

arrugadas sustancias que subierondes

de profundidades hasta mi alma,

y piedra fui, piedra seré, por eso

toco esta piedra y para mí no ha muerto:

es lo que fui, lo que seré reposo

de tu combate tan largo como el tiempo. 

 

 

 

 

  Pablo NERUDA   

 

 

 

 

***

 

   Ma maison 

 

 

 

 

  Tu es peut-être cette maison où j’ai vécu

quand je n’étais rien et n’avais rien,

quand tout était lune, pierre et mirage,

avant que la lumière, figée, ne fût.

Peut-être même que cette pierre était

ma petite maison, mes fenêtres, mes yeux.

Cette rose de granit me rappelle

quelque chose qui m’habitait ou que j’ai habité,

une grotte ou un bouquet de rêves,

coupe, château, vaisseau, naissance.

J’évalue la forte tenacité de la roche,

dont le rempart est infiltré par la saumure,

et voilà que je sais qu’ici demeurent mes crevasses,

ainsi que les substances ondoyantes qu’elles ont levées

des abysses de la terre à mon âme;

je suis né pierre, et je retournerai pierre; c’est pourquoi

j’embrasse cette pierre qui vit en moi :

c’est ce que je fus et serai à jamais : soldat

invincible de la paix perpétuelle! 

 

 

 

 

   Version d’Arthur BENGA NDJEME : Nancy, le 02 Avril, l’An X, 10h 12

 

 


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posté le 01-04-2010 à 19:31:27 GMT +2

UNE LETTRE RECOMMANDEE AVEC ACCUSE DE RECEPTION

DIEU M’A ECRIT  

 

 

 

 

 

 Le premier avril deux mille dix,

Un Accusé de Réception porte

Une heureuse mention : « A Mon fils ».

Le facteur reste au seuil de ma porte ; 

 

 

Juste le temps de me dévisager,

D’ordonner son énorme lot de lettres,

De les trier, les cajoler, ranger

Dans son sac en cuir ; de disparaître. 

 

Une lettre Recommandée ! avec

Accusé de Réception ! de père !

Pour la première fois, je bois sec

Un grand verre de vodka sans prière ! 

 

 

Et, ayant hâte de lire papa,

Je me rends alors à Boudonville,

En ôtant du feu le petit repas

Que j’offre ce soir à mon domicile. 

 

 

Après signature des deux reçus,

Je lis mon père à la poste même,

Pensant ne jamais risquer d’être déçu ;

Et quoiqu’il en soit, je sais qu’il m’aime ! 

 

 

« Mon fils, vous êtes titulaire

D'un diplôme au moins similaire

Au master et vous avez sollicité

Considérant votre récépissé

De candidature à l’exode

A travers le monde

La délivrance d’une autorisation

Provisoire de séjour et d’évasion

De neuf mois renouvelable

Une fois si votre motif est valable

Afin de compléter votre formation

Par d’autres types d’évaluations

J’ai décidé de vous rappeler

A moi pour vous aider à chercher

A créer soi-même

Quelque licite thème

Ou à exercer tout emploi salarié

Dans la limite de la durée

Légale du travail de l’homme

(moins que toute bête de somme)

En attendant de vous accueillir

Au paradis avec les saints et les anges

Je vous prie de préparer vos bagages

De venir à moi par le gué

Et d’agréer mes salutations distinguées ». 

 

 

 

  Arthur Béni NDJEME, Nancy

 


Commentaires

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africanostra  le 08-04-2010 à 12:12:01  #   (site)

Merci, ma chère Thizi

Thizi  le 08-04-2010 à 12:02:14  #

La délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et d'évasion... Mon cher Arthur, cette formule est vraiment tip top!

 
 
posté le 31-03-2010 à 21:27:35 GMT +2

LA VOIX DU GABON A L'ONU

LE GABON, PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE EN MARS 2010

   

Clausula Salvatoria: 

 

« Je voudrais exprimer ma reconnaissance au Gabon

pour sa présidence réussie du Conseil de sécurité .»   

M. HAROON, Représentant permanent du Pakistan aux Nations Unies, 

au cours du débat sur l’Afghanistan.  

 

 

 
 

 

SYNOPSIS 

Aujourd’hui prend fin la Présidence gabonaise du Conseil de sécurité des Nations Unies. Un mois durant (du 1er au 31 Mars 2010), Son Excellence, Monsieur Emmanuel ISSOZE-NGONDET, Ambassadeur/Représentant Permanent auprès de l’ONU a permis au Gabon d’encadrer et coordonner les travaux de l’organe chargé de la responsabilité fondamentale du maintien de la paix et de la sécurité internationales (article 24 de la Charte)*. Convient-il, sans doute, de situer quelques repères de la Diplomatie gabonaise pour évaluer, tout modestement, les enjeux de ce mandat autour du « Fer à cheval » en qualité de Membre non-permanent, qui s’achèvera en Décembre 2011. La République du Gabon est devenue Etat membre de l’Organisation des Nations Unies, le 20 Septembre 1960, à peu près un mois après son accession à la Souveraineté internationale. Depuis son adhésion, libre et volontaire à la Charte du 26 Juin 1945, le Gabon honore de façon exemplaire ses attributs d’Etat indépendant par une contribution constante et substantielle aux Buts et Principes des Nations Unies. Son implication dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales, à travers la participation aux Missions régionales et continentales de paix de l’ONU et de l’Union africaine, est considérable. Son rôle dans le règlement pacifique des différends et des conflits en Afrique Centrale, par les talents de Médiateur du Président de la République, est crédité d’un franc-succès. La reconnaissance internationale de cet activisme en faveur des idéaux de paix, de stabilité et des relations de bon voisinage, est attestée par son élection en qualité de Membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies du 1er Janvier 2010 au 31 Décembre 2011. Le présent exposé vise à mettre en relief les responsabilités particulières qui incombent à la diplomatie gabonaise tout au long de cette période, qui coïncide avec une phase d’alternance politique riche de promesses. Avant de savourer à pleine dent les fruits de ce processus, il importe de situer les principaux pas qui mènent à cette quête d’Emergence. Et cette quête commence par l’esquisse d’une définition de la Diplomatie (I) et le rappel du réseau diplomatique du Gabon à travers le Monde (II), avant de mettre en lumière ses responsabilités en qualité de Président du Conseil de sécurité (III).  

 

 

I-ESQUISSE D’UNE DEFINITION DE LA DIPLOMATIE

 En récapitulant les grandes dates qui conduisent à la diplomatie en Europe, sous l’impulsion des dynasties et leurs fortes individualités depuis le XVe siècle, un auteur a pu écrire ces propos, dont les années n’ont point émoussé la pertinence : « le but de la politique est, plus qu’on ne serait tenté de le croire à première vue, la consolidation de l’unité nationale. L’isolement était la loi de l’antiquité et du moyen âge, le rapprochement des peuples sera la marche caractéristique de la période moderne. Les relations internationales seront bientôt incessantes et, somme toute, elles seront fructueuses. Une nouvelle vie commencera pour l’humanité » (Ernest Nys, Les origines de la diplomatie et du droit d’ambassade jusqu’à Grotius, C. Muquardt, Bruxelles, 1884, p.7 à 8)*. C’est donc, à partir ce cette période à peu près, que se formalise le noble « art de négocier avec les souverains » (Antoine Pecquet, De l’art de négocier avec les souverains, J. Van Duren, La Haye, 1738)*.

 

Progressivement, l’école réaliste des relations internationales faisant de la guerre le prolongement naturel de la politique nationale (Carl von Clausewitz, Théorie de la grande guerre…, Vol.1, Trad. Marc-Joseph-Edgar Bourdon de Vatry, L. Baudoin, Paris, 1886-1887, p.18 )*, devient quelque peu l’exception face à la conception libérale, qui prône, au contraire la paix, comme conséquence d’une Société d’interdépendances et de coopération internationale.

 

L’Article II d’un texte resté célèbre en exprime la substance : « Nul Etat, qu’il soit grand ou petit, ce qui est ici tout à fait indifférent, ne pourra jamais être acquis par un autre Etat, ni par héritage, ni par échange, ni par achat, ni par donation » (Emmanuel Kant, Essai philosophique sur la paix perpétuelle, Préf. Charles Lemonnier, G. Fischbacher, Paris, 1880, p.4)*. Et l’Article V donne toute la dimension de ce que seront plus tard les principes des Nations Unies de non-ingérence et de non-immixtion (Article 2, §4 de la Charte) dans les affaires intérieures des Etats, ainsi que de non-intervention dans les questions relevant essentiellement de leurs compétences domestiques (Article 2, §7) : « Aucun Etat ne doit s’ingérer de force, dans la Constitution ni dans le gouvernement d’un autre Etat » (Kant, Op. cit., p.7)*.

 

Bien que la démocratie ne fasse point l’objet d’une adoption plénière et que la Puissance n’ait pas déserté le champ de la Politique étrangère (Maxime Lefebvre, Le jeu du droit et de la puissance, PUF/Major, Paris, 2000, p.18)*, la diplomatie est bien plus en vogue aujourd’hui. De toutes les définitions que j’ai pu consulter, celle qui me paraît faire la synthèse est celle donnée par le publiscite argentin, Calvo, qui estime que « [l]a diplomatie est la science des relations qui existent entre divers Etats, telles qu’elles résultent de leurs intérêts réciproques, des principes du droit international et des stipulations des traités ou des conventions » (Carlos Calvo, Dictionnaire Manuel de Diplomatie et de Droit International Public et Privé, The Lawbook Exchange, Ltd, New Jersey, 2009, p.137)*.

 

Pour sa part, le Président de la République, Chef de l’Etat gabonais exprime la vocation de son pays à inscrire sa politique dans cette dynamique de relations pacifiques, en affirmant que « le Gabon a fait du dialogue et de la recherche de la paix les fondements de son action politique » (Discours devant les Missions diplomatiques accréditées à  Libreville, le 6 Janvier 2010)*.

 

Pourtant, si l’on admet qu’une chose est de rappeler la définition de la Diplomatie, on doit tout autant reconnaître qu’une autre en est de déterminer l’étendue du maillage diplomatique de la République gabonaise, afin d’évaluer plus tard les perspectives d’épanouissement du projet d’Emergence récemment instauré.   

 

 

 

II-LE RESEAU DIPLOMATIQUE DU GABON A TRAVERS LE MONDE

 

Au nombre du décompte que j’ai pu effectuer des missions diplomatiques et postes consulaires du Gabon à travers le monde, il y en aurait, au bas mot, quarante-cinq (45). La liste qu’il m’a été possible de dresser se décline ainsi :

 Abidjan (1)-São Tome (2)-Berlin (3)-Paris (4)-Brasilia (5)-Dakar (6)-Brazzaville (7)-Yaoundé (8)-Malabo (9)-Rabat (10)-Alger (11)-Tripoli (12)-Le Caire (13)-Beyrouth (14)-Perpignan (15)-Marseille (16)-Genève (17, Mission Permanente auprès du système des Nations Unies)-Ottawa (18)-Tokyo (19)-Riyadh (20)-Rome (21)-Vatican (22)-Madrid (23)-Addis Abeba (24, Représentation Permanente auprès de l’Union européenne)-Washington (25)-New York (26, Mission Permanente à l’ONU)-Bata (27)-Moscou (28)-Séoul (29)-Beijing (30)-Pretoria (31)-Lomé (32)-Lagos (33)-Tel-Aviv (34)-Luanda (35)-Kinshasa (36)-Bruxelles (37)-Londres (38)-Paris (39)-Sydney (40)-Bangkok (41)-Athenes (42)-Paris (43, Mission Permanente à l’UNESCO)-Bordeaux (44)-Lyon (45)-La Haye (46). Egalement : la mission accréditée auprès du Tchad (47), avec résidence à Bangui.

 

Même si je n’ai encore pu le comparer au rayon d’autres Etats africains, on perçoit à quel point la Toile diplomatique et consulaire du Gabon est largement tissée. Un pays qui compte autant de Représentations et porte une Diplomatie aussi ambitieuse ne peut qu’avoir une présence remarquable et remarquée au sein de l’Organisation universelle. Cependant, hormis les Consuls Honoraires (Lyon, Perpignan, Marseille, Bordeaux, Grèce, Australie, Thaïlande), qui sont présumés travailler à titre bénévole, on peut s’imaginer la charge que l’entretien d’un tel réseau exige des Finances publiques. Aussi, par-delà le caractère fort ambitieux de la Politique étrangère du Gabon, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les stratégies qu’elle sous-tend.

 

C’est la raison pour laquelle, en plus de la mise en lumière de l’étendue de cette diplomatie, il me paraît tout aussi utile de l’évaluer au regard de la pratique. La présidence du Conseil de sécurité en Mars 2010 me paraît fort intéressante à cet effet.  

 

 

 III-RESPONSABILITES EN QUALITE DE PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE

En qualité de Président du Conseil de sécurité pour le mois de Mars 2010, le Gabon vient d’assumer un certain nombre de responsabilités en dirigeant les travaux de l’organe chargé de la plus éminente des missions : maintenir la paix et la sécurité internationales. Au moment où prennent fin ces responsabilités, il importe de mettre en relief les principales mesures prises sous Présidence gabonaise (B), au regard d’un programme de travail  délicat et chargé (A).  

 

A)-Un programme de travail délicat et chargé

Le Mardi 2 Mars 2010 en matinée, SEM Emmanuel ISSOZE-NGONDET, Ambassadeur/Représentant Permanent de la République du Gabon, présente à la presse internationale le programme de travail du mois, en qualité de Président du Conseil de sécurité. Les questions composant ce programme peuvent être réparties en questions juridiques, lato sensu puis en sujets politiques. Mais vu le nombre impressionnant de celles-ci, par rapport à celles-là, cette répartition ne me paraît pas équitable. Aussi, est-il plus judicieux d’examiner l’agenda de la Présidence gabonaise du Conseil de sécurité au prisme des points principaux (1), d’une part ; et, d’autre part, des points accessoires (2). Même si, venant d’un profane des questions internationales, ce découpage s’avère nécessairement arbitraire. 

 

 

(1)-Les points principaux

 

Le programme de travail du Conseil de sécurité sous la Présidence du Gabon comporte un certain nombre de points qu’il convient de considérer comme capitaux. Ceux-ci vont, pratiquement, du 4 au 24 Mars et mais importe de les rappeler par ordre d’importance, selon le degré de préoccupation qu’ils inspirent à l’organe garant de la responsabilité principale de la paix et de la sécurité internationales.

 

*La situation en Afghanistan.-Aux termes de l’agenda mensuel du Conseil et de la Conférence de presse donnée par l’Ambassadeur ISSOZE-NGONDET le 2 Mars après-midi, il ressort du programme de travail que l’Afghanistan occupe une place de choix durant la Présidence gabonaise. Le 4 Mars ont lieu des consultations à propos de la situation politique, humanitaire et militaire en Afghanistan. L’exposé des faits est présenté par M. Staffan de Mistura, Représentant spécial du Secrétaire général en Afghanistan et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies dans ce pays (MANUA). Lequel exposé est renforcé le 18 Mars par un débat sur cette Mission de maintien de la paix particulière, créée par la résolution 1401 (2002) du Conseil de sécurité, conformément à l’Accord de Bonn du 5 Décembre 2001 sur la construction d’un Etat démocratique en Afghanistan (Jean D’ASPREMONT, « La création internationale d’Etats démocratiques », Revue Générale de Droit International Public, 2005-4, pp.902-904)*. L’exposé de la situation est alors présenté par M. Alain Le Roy, Secrétaire général-adjoint aux Opérations de maintien de la paix (OMP). L’échéance de la MANUA ayant été fixée au 23 Mars 2010 par la résolution 1868 (2009), un débat fructueux sur le renouvellement de son mandat a lieu un jour plus tôt au sein du Conseil de sécurité.

 

Outre l’Afghanistan, la Présidence gabonaise a également permis au Conseil d’examiner la situation en Iran.

 

*L’examen des travaux du Comité sur les sanctions contre l’Iran.-Malgré l’accalmie relative qu’inspire actuellement la situation en Iran, le Conseil a pourtant inscrit à son programme de travail mensuel la question du comité créé par la résolution n° S/RES/1737 (2006) du 23 Décembre 2006 en raison du contentieux relatif à l’enrichissement controversé des produits nucléaires (paragraphes 4-19 notamment)*. Laquelle résolution est, faut-il le rappeler, expressément adoptée sous l’empire de l’Article 41, au Chapitre VII de la Charte de l’ONU (mesures coercitives n’impliquant pas l’emploi de la force). L’exposé de cette situation est également présenté le 4 Mars, par M. Yukio Takasu, Représentant du Japon à l’ONU. Les tensions, toujours latentes au sujet du programme nucléaire iranien rendent particulièrement sensible l’examen de ces sanctions. La proximité géographique et politique avec le Moyen-Orient invite à voir immédiatement, les discussions organisées au sujet du processus de paix qui a cours dans cette région.

 

*L’exposé sur la situation au Moyen-Orient, y compris en Palestine.-Le 24 Mars 2010, il fut prévu un exposé mensuel sur la situation qui prévaut au Moyen-Orient, incluant le problème de la Palestine. Cet exposé fait suite à la participation du Secrétaire général à la réunion du Quatuor à Moscou le 19 Mars. Au moment où ce point est annoncé, le Président du Conseil de sécurité précise que cet exposé serait fait par le Secrétaire général lui-même, si son agenda le permet ; ou par M. Robert Serry, Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient et la Palestine. Finalement, cette responsabilité échoit à M. Ban Ki-moon, chaleureusement accueilli par le Président du Conseil [voir photo].

 

Les problèmes de sécurité et de stabilité de l’Afrique ont également préoccupé le Conseil de sécurité au cours de la Présidence mensuelle du Gabon.

 

*Le suivi du processus de transition en Guinée Bissau.-Dès le 5 Mars, en effet, les Membres du Conseil sont informés sur la situation de la Guinée Bissau par M. Joseph Mutatoba, Représentant du Secrétaire général des Nations Unies. Puisque ce pays fait partie des cas d’expérimentation de l’ambitieux programme de consolidation de la paix conjointement instauré par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, une communication est faite le même jour par Mme Maria Luiza Ribeiro Viotti, Représentante permanente du Brésil et présidente de la section Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix (CCP). Le coup d’Etat du 2 Mars 2009, fatal au président Joao Bernardo dit Nino Vieira et l’équilibre précaire qui a suivi (intérim par M. Raimundo Pereira puis accession au pouvoir de M. Malam Bacai Sanhá le 8 Septembre)* fait de ce pays une question préoccupante pour les Nations Unies ; et le Conseil de sécurité s’est fait fort d’en débattre au cours de la Présidence gabonaise. Il en est de même pour le Tchad, la République centrafricaine et toute la région haute de l’Afrique Centrale.

 

*Le problème de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad.-Ce même 5 Mars, le Conseil suit aussi un exposé du Secrétaire général adjoint pour les OMP sur les perspectives à court terme de la MINURCAT, après sa mission dans la sous-région concernée et sa rencontre avec le président de la République du Tchad. Les contributeurs aux effectifs de la Mission ont certainement tenu une séance privée le 10 Mars, avant que les Membres du Conseil ne débattent de l’éventuelle prorogation de son mandat le 12 Mars. La gestion de cette Mission et des problèmes sous-jacents va, non seulement de l’intérêt de la stabilité de l’Afrique Centrale, mais aussi et surtout, de la préservation de la paix et de la sécurité internationales.

 

*La question de la circulation illicite des armes légères et de petit calibre en Afrique centrale.-Dans l’ordre des principales questions traitées par le Conseil de sécurité sous la Présidence du Représentant permanent du Gabon, on note tout particulièrement la question de la circulation clandestine des armes dites « légères et de petit calibre » en Afrique Centrale et de leur implication sur la paix et la sécurité. A cet égard, le débat est ouvert le 19 Mars et la réflexion sur les instruments de lutte contre cette calamité est enrichie par la participation d’organisations régionales. Tel fléau est d’ailleurs si préoccupant aux yeux du Président du Conseil de sécurité, que les armements mis en cause « s’avèrent être de véritables armes de destruction massive étant donné le nombre élevé des victimes qu’elles causent à travers le monde, en particulier en Afrique centrale » (SEM ISSOZE-NGONDET). Néanmoins, convient-il de rappeler qu’en matière des points inscrits à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, il est arbitraire d’avoir une perception manichéenne des questions débattues.

 C’est à cet effet qu’il importe de relativiser le caractère accessoire, mais bien commode, des points exposés ci-après ; à en juger par leur influence sur la paix et la sécurité internationales.  

 

 

(2)-Les points accessoires

 

L’agenda du Conseil de sécurité durant le mois de Mars est singulièrement dominé par la situation de l’Afrique. Les pays du Proche et Moyen-Orients, ceux d’Europe de l’Est et des Caraïbes se taillent une part proportionnellement modeste.

 

*L’information sur la prochaine consultation électorale au Soudan.-Le 11 Mars 2010, le Conseil de sécurité a écouté M. Leroy sur la consultation électorale d’Avril au Soudan. Au vu de la crise latente, qui oppose le gouvernement aux mouvements rebelles du Sud et de la tragédie du Darfour, une telle consultation, d’apparence anodine, peut s’avérer importante pour la stabilité et l’apaisement des tensions sur ce pays aux équilibres délicats. On en voudra pour preuve, la situation tout aussi préoccupante, de l’Etat en déréliction qui déstabilise la Corne de l’Afrique et de l’Afrique orientale : la Somalie.

 

*La situation en Somalie.-La situation d’insurrection permanente que vit la Somalie depuis le renversement du président Syad Barré le 27 Janvier 1991, est de nature à tenir en alerte les Nations Unies (Jean-Marc BALENCIE, Arnaud de LA GRANGE (sous la dir.), Mondes rebelles, Editions Michalon, Paris, 2001, p.941)*. Ainsi, M. Claude Heller, Représentant du Mexique à l’ONU, expose-t-il le 16 Mars, aux Membres du Conseil de sécurité les mécanismes de suivi des sanctions décrétées contre la Somalie, en qualité de Président du Comité créé à cet effet. Le programme de travail initial prévoit un éventuel examen de la reconduite du mandat de l’Equipe de surveillance des sanctions contre la Somalie. Ce point est effectivement étudié le 18 Mars 2010. De part en part, l’Afrique est encore une fois parcourue par le Conseil de sécurité qui, à l’instar des principaux points examinés plus haut, en examinera bien d’autres, au titre des sujets que supposés accessoires. Il en est notamment ainsi de la situation politique en Côté d’Ivoire.

 

*Le point de situation sur l’ONUCI et le processus électoral en Côte d’Ivoire.-Le 17 Mars, le Secrétaire général adjoint, responsable des OMP ou M. Choi Young-Jin, Représentant spécial du Secrétaire général par intérim, sont pressentis pour en faire l’exposé. Qu’en sera-t-il donc en définitive ? M. Young-Jin en aura finalement la responsabilité. L’Afrique occidentale retient encore l’attention du Conseil à travers l’examen de la situation en Sierre Leone.

 

*La question sierra Leonaise.-Enfin, le Représentant exécutif du Secrétaire général, à la fois Chef du Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUGSIL), informe le Conseil de la stabilité encore précaire, qui règne dans ce pays. Ainsi, M. Michael von der Schulenburg en expose-t-il les principales avancées le 18 Mars. Outre l’Afrique, le Moyen-Orient retient une fois de plus l’intérêt du Conseil de sécurité, même s’il s’agit d’une question relativement apaisée.

 

*L’information des Membres du Conseil sur le processus libanais.-Le 12 Mars, en effet, M. Michael C. Williams fait un exposé sur le Liban, en qualité de Coordonnateur spécial des Nations Unies. Les tensions, encore palpables suscitées par l'assassinat de l'ancien Premier Ministre Hariri, sont loin d'avoir disparu. En témoignent, les tractations résultant de la création d'un Tribunal international spécial à cet effet (Aïda AZAR, "Le Tribunal spécial pour le Liban: Une expérience originale?", R.G.D.I.P. 2007-3, pp.643-658)*.

 

A ces sujets, fixés à titre principal dans l’agenda du Conseil de sécurité sont jointes d‘autres questions pour lesquelles l'organe plénier de l'ONU reste « vigilant » et donc, susceptibles d’être amenées sur cette table du Conseil au cours de la Présidence du Gabon.

 

Ces questions vont être effectivement débattues. On en voudra pour preuves : le traitement du problème des juges du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, l’échange de lettres observé entre le Secrétaire général et l’Ambassadeur ISSOZE-NGONDET sur le nucléaire et le suivi de la situation qui continue de déshydrater Haïti, à travers la nomination du commandant en chef de la Mission internationale de stabilisation des Nations Unies (MINUSTAH).Tel est, grosso modo, le programme de travail managé par le Gabon, lors de sa troisième Présidence du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

Dans la mesure où les responsabilités assumées par le Gabon en cette qualité s’évaluent à leur résultat, il importe de voir, en ultime examen, les principales mesures prises par le Conseil de sécurité sous Présidence gabonaise.   

 

 

B)-Les principales mesures prises sous Présidence gabonaise

Le travail de la Présidence du Gabon au Conseil de sécurité est bien fructueuse en matière de mesures adoptées, et surtout, de qualité des décisions prises par l’organe exécutif des Nations Unies. En partant du principe que toutes les mesures du Conseil de sécurité n’en sont pas des actes coercitifs ou contraignants, j’en ai sélectionnées un certain nombre, réparties en feux séries, dont la première est consacrée à des décisions essentielles à la paix et à la sécurité internationales (1) ; et la seconde, entièrement dédiée aux résolutions, toutes adoptées à l’unanimité (2).

 

 

(1)-Des décisions essentielles à la paix et à la sécurité internationales

 

Il me semble utile de restituer, ici, les décisions prises par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de Mars, dans l’ordre chronologique, après avoir exposé la seule Déclaration présidentielle que j’ai pu retrouver dans la documentation récente des Nations Unies.

 

*La Déclaration présidentielle du 19 Mars 2010.-Ladite déclaration est adoptée au sujet de la lutte contre la fabrication, le transfert et la circulation illicites des armes légères et de petit calibre en Afrique centrale (S/PRST/2010/6)*. Elle permet au Conseil de sécurité de se féliciter de l’ensemble des initiatives étatiques consécutives à l’adoption d’un instrument de lutte essentiel : le Programme d’action de la Conférence des Nations Unies sur le trafic des armes légères sous toutes ses formes.Lequel Programme encourage, sans nul doute, les Etats à une convergence de vues vers l’élaboration et l’adoption d’un traité réglementant le commerce des armes.

 

D’emblée, « Le Conseil [se déclare] profondément préoccupé par la fabrication, le transfert et la circulation illicites des armes légères et de petit calibre (ALPC) et par leur accumulation excessive et leur prolifération incontrôlée dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans la sous-région de l’Afrique centrale, qui ont toutes sortes de conséquences humanitaires et socioéconomiques, notamment sur la sécurité des civils et attisent les conflits armés ce qui peut entraîner une recrudescence des violences sexistes et du recrutement d’enfants soldats et menace sérieusement la paix, la réconciliation, la sûreté, la sécurité, la stabilité et le développement durable aux niveaux local, national, régional et international » (S/PRST/2010/6, Op. cit., p.1)*. Ceci participe, toutefois, au constat des ravages causés par ce fléau.

 

Mais, la Déclaration présidentielle du 19 Mars est également l’occasion de souligner l’impact désastreux du triptyque : transferts illicites des armes incriminées, essor des organisations criminelles et terroristes, exploitation illégale des drogues et des matières premières dans les zones déstabilisées. Au titre des principales obligations, « [l]e Conseil engage les Etats Membres à prendre des mesures vigoureuses pour réduire l’offre d’armes légères et de petit calibre et de munitions dans les zones instables d’Afrique centrale » (S/PRST/2010/6, Op. cit., p.3)*. Ce qui participe aux solutions qu’il préconise aux fins d’une gestion responsable et partagée d’un phénomène transfrontalier (voir résolution n° 1209 (1998) du 19 Novembre 1998)*.

 

A la Déclaration faite au titre de Président du Conseil de sécurité, l’Ambassadeur ISSOZE-NGONDET adjoint la sienne propre, en qualité de Représentant permanent du Gabon. Du plus substantiel qu’on puisse en tirer, on note singulièrement le fait que « le Gabon est favorable à l’élaboration et à l’adoption d’un traité sur le commerce des armes afin de définir des normes communes dans ce domaine. L’effectivité d’un tel traité viendra renforcer le dispositif international actuel de lutte contre le trafic illicite des armes » (Débat sur les conséquences du commerce illicite d’armes sur la paix et la sécurité, S/PV.6288 Provisoire, 19 Mars 2010, p.27)*. Cet engagement étant par ailleurs exprimé par la Déclaration présidentielle adoptée à cet égard par le Conseil de sécurité.

 

Cette Déclaration est certainement précédée ou secondée par d’autres, qui auraient pu échapper à mes recherches. Mais les semaines à venir pouvant être favorables à une diffusion plus large des documents officiels du Conseil de sécurité, un réexamen du présent exposé s’avèrera naturellement nécessaire. En attendant cette heureuse occurrence, il convient d’apprécier le travail accompli par la Délégation du Gabon au prisme des résolutions adoptées durant son Excellente présidence.

 

 

 (2)-Des résolutions adoptées à l’unanimité

 

Le bref examen que je propose des résolutions du Conseil de sécurité du mois de Mars 2010 se veut prioritairement chronologique, à l’effet d’évaluer la constance de la maîtrise des débats par la Présidence gabonaise. En dehors d’une seule, dont l’adoption ne nécessitait pas une mise au vote, la totalité des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité sous Présidence gabonaise l’ont été à l’unanimité des quinze (15) voix représentant le nombre des Membres, permanents et non permanents, du prestigieux organe.

 

*Résolution n° S/RES/1913 (2010) du 12 Mars prorogeant le mandat de la MINURCAT.-Considérant que les pourparlers sur les perspectives de restructuration ou réorientation de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad ne sont pas achevés, le Conseil ne constate pas moins que la situation qui prévaut dans cette région « continue de menacer la paix et la sécurité internationales ». A cet effet, il en proroge exceptionnellement le mandat, jusqu’au 15 Mai de l’année courante. Tel qu’il est indiqué plus haut, cette résolution est adoptée à l’unanimité*. Après quoi, le Conseil s’est appliqué à traiter de la question du pourvoi du siège vacant à la Cour internationale de justice.

 

*Résolution n° S/RES/1914 (2010) du 18 Mars sur l’élection à un siège vacant à la CIJ.-Elle est l’une des résolutions les plus brèves du Conseil au cours de la Présidence qui s’achève aujourd’hui. En effet, il s’agit d’une mesure décidant de l’élection d’un nouveau juge à la CIJ le 29 Juin 2010, pour achever le reste du mandat laissé vacant, suite à la regrettable démission de Shi Jiuyong, qui prend effet à compter du 28 Mai*. Et, à propos de juge, le Conseil s’est également penché sur le devenir des professionnels du droit siégeant au sein du Tribunal ad hoc pour l’ex-Yougoslavie.

 

*Résolution n° S/RES/1915 (2010) du 18 Mars sur la détermination du nombre des juges ad litem du TPIY.-Conformémentà l’article 12,§1 du Statut du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, le nombre des juges ad litem* de cette juridiction ad hoc doit être inférieur ou égal à douze (12). Or, il ressort du jugement de l’affaire Popović* que ce maximum va être dépassé, dans la mesure où la fin du procès ne coïncidera pas avec la fin du mandat des juges Kimberley Prost et Ole Bjørn Støle, dont l’office devait expirer le 31 Décembre 2009.

 

Cette dérogation expresse est juridiquement autorisée par la résolution n° S/RES/1900 (2009) du Conseil de sécurité en étendant le mandat de ces juges jusqu’au 31 Mars 2010 ; ce qui, malheureusement, ne suffit toujours pas à couvrir l’ensemble de l’affaire en instance, rallongée par quelques impondérables. L’esprit de la résolution 1900 (2009) est d’étendre ce nombre des juges ad litem sans toutefois dépasser un total de treize (13) et de revenir au seuil maximum légal au terme de cette affaire.

 

Une perspective que partage et soutient la résolution n° S/RES/1915 (2010) adoptée sous l’effet du Chapitre VII de la Charte, qui permet au Conseil de sécurité sous Présidence gabonaise, de proroger exceptionnellement le mandat des deux juges canadien et norvégien et déroger ainsi au Statut du TPIY jusqu’au 30 Juin 2010 ; à moins que le procès intéressé se soit achevé plus tôt.L’habileté que requiert telle mesure est un formidable indicateur de maîtrise d’une Diplomatie ; qui plus est d’un Etat réputé jeune, au regard des standards courants de « datation » des Nations.

Ce talent va également se révéler utile lors de l’adoption de la résolution relative aux sanctions contre la Somalie et nombre de ses voisins.

 

*Résolution n° S/RES/1916 (2010) du 19 Mars sur la situation en Somalie.- Une autre situation que l’Ambassadeur ISSOZE-NGONDET a eu maintes fois l’occasion de traiter en tant que Haut Représentant du Gabon auprès de l’Union africaine, et qui retient l’attention du Conseil de sécurité sous sa présidence, est l’élan de stabilisation qui séduit la Communauté internationale en Somalie. En effet, la déliquescence de l’Etat dans ce pays stratégique de la Corne de l’Afrique est si préoccupante pour la stabilité, la sécurité et la paix de la région et du monde, qu’il est capital d’y réaffirmer l’embargo décrété à l’encontre de la Somalie et de l’Erythrée voisine.

D’où le renouvellement du mandat du Groupe de contrôle des sanctions internationales (résolution 1916 (2010), parag.6)* visant l’exportation, la circulation et le transfert illicites de produits sensibles et d’équipements militaires et paramilitaires. Les exceptions autorisée à cet effet sont constituées par les exportations d’armements et l’assistance technique assurées au titre de la Mission d’observation militaire de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), ainsi que les services offerts par les Etats en guise d’assistance à la reconstitution des structures nationales de sécurité ou de défense.

 

La singularité d’un territoire où l’Autorité de transition peine à rétablir l’ordre, faute d’appareil étatique étant d’en faire un sanctuaire d’organisations criminelles et de groupes extrémistes, la réévaluation de la situation politique et humanitaire en Somalie sous la force coercitive du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, est un volet essentiel de la Présidence gabonaise du Conseil de sécurité. D’autant plus qu’elle donne à l’ONU de rappeler, au sujet des pays de trois pays incontournables de l’Est africain, les principes fondamentaux de la Société internationale à travers le Conseil, qui « [réaffirme] son attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale, à l’indépendance politique et à l’unité de la Somalie, de Djibouti et de l’Erythrée » (résolution 1916 (2010), alinéa 4)*.

 

Ce souci de préserver les piliers des Sociétés humaines est aussi palpable dans la résolution prise à propos de l’Afghanistan.

 

*Résolution n° S/RES/1917 (2010) du 22 Mars relative à la situation en Afghanistan.-Dans le continuum de son rapport de mission des 21-28 Novembre 1008 (S/2008/782)* et des recommandations favorables à une « afghanisation » renforcée du processus de démocratisation et de reconstruction issues de la Conférence de Londres de Janvier 2010 (S/2010/65)*, le Conseil de sécurité décide de proroger le mandat de la MANUA jusqu’au 23 Mars 2011 (résolution 1917 (2010), paragraphe 3)*. Entre autres points énoncés dans ses quarante et un (41) paragraphes, la résolution n° S/RES/1917 (2010) est également l’occasion donnée au Conseil de sécurité, sous Présidence gabonaise, d’approuver le rapport du Secrétaire général du 10 Mars (S/2010/127)* relatif à la situation en Afghanistan et son impact désastreux sur la paix et la sécurité internationales (parag. 1)*.

 

Au terme d’une « présidence réussie du Conseil de sécurité », la délégation du Gabon, conduite par SEM Emmanuel ISSOZE-NGONDET fut honorée par une cérémonie de congratulations le 30 Mars au siège des Nations Unies à New York.

 

 

   ** 

 

CONCLUSION : Garder l’esprit ouvert 

Dans le cadre plus large de la coopération multilatérale dont l’Organisation des Nations Unies est le centre de gravité, la contribution du Gabon aux idéaux de la paix et de la sécurité internationales participe à l’enrichissement du patrimoine commun de l’Humanité : la vie et la dignité des Nations. A en juger par les encouragements formulés par les Représentants d’un certain nombre de pays auprès des Nations Unies, la Présidence du Gabon est une réussite.

 

Ainsi du Représentant de la République centrafricaine.-« Monsieur le Président, je voudrais tout d’abord vous adresser mes chaleureuses félicitations pour la présidence du Conseil de sécurité en ce mois de mars 1010, que vous assurez avec grande maîtrise » (M. Poukré-Kono, Représentant de la République centrafricaine, S/PV.6288 (Resumption 1) Provisoire, 19 Mars 2010, p.)*.

 

Il en est également ainsi du Représentant du Pakistan.-« Je voudrais exprimer ma reconnaissance au Gabon pour sa présidence réussie du Conseil de sécurité » (M. HAROON, Op. cit., S/PV.6287 Provisoire du 18 Mars 2010, p.32)*.

 

Un peu plus dense : le Représentant de la République du Tchad.-« Je voudrais […] féliciter mon frère de l’Afrique centrale, l’Ambassadeur Emmanuel ISSOZE-NGONDET de la République gabonaise, non seulement parce qu’il assure avec compétence et efficacité la présidence du Conseil et qu’il honore ainsi les Etats de la sous-région, mais aussi pour s’être préoccupé du devenir de l’ensemble de notre sous-région en proposant durant son mandat l’inscription au programme du Conseil de sécurité de la grave question des incidences du trafic d’armes sur la paix et la sécurité en Afrique centrale » (M. Allam-mi, Document provisoire S/PV.6288, Op. cit., p.30)*.

 

L’Observateur permanent de l’Union africaine s’y est également prononcé, dans un spectre élargi au rôle du Gabon en Afrique.-« Je voudrais commencer mon propos en saluant la présidence gabonaise du Conseil de sécurité et en présentant à travers vous, Monsieur le Président, toute notre reconnaissance à la République du Gabon pour cette heureuse initiative d’organiser un débat sur un sujet aussi important pour le continent. Cette initiative s’inscrit dans la logique des précieux services que votre cher pays a toujours rendus à l’Afrique chaque fois qu’une partie de notre continent se trouvait menacée et chaque fois que la paix se trouvait menacée dans un pays africain » (M. Téte António, S/PV.6288, Op. cit., p.27)*.

 

Et à l’Ambassadeur António de poursuivre en établissant, juste à propos, l’ancrage du travail accompli par la délégation gabonaise à l’ONU au projet de Gabon Emergent : « La dernière visite à New York du président Ali BONGO ONDIMBA qui, à travers son message, a défendu les causes les plus nobles de notre continent et de la paix dans le monde, ne fait que renforcer ce que nous venons de dire ». Ce qui se présente comme une preuve de cohérence, de continuité et de consolidation des Relations extérieures du Gabon.

 

Au vu de ces apologies, il me paraît pertinent de souligner que la Diplomatie gabonaise est le Front avancé de la République dans son projet de construction d’un Pays émergent. Toute observation qui m’amène à me souvenir de la vocation de ce prodigieux outil de rayonnement des Nations et des Idées qu’est la Diplomatie,  dont PRADIER-FODÉRÉ dit qu’elle est :

 

« l’art de représenter le gouvernement et les intérêts de son pays auprès des gouvernements des pays étrangers ; de veiller à ce que les droits, les intérêts, la dignité de sa patrie ne soient pas méconnus au dehors ; d’administrer les affaires internationales, et, soit de diriger, soit de suivre, conformément aux instructions reçues, les négociations diplomatiques »(in Jean SALMON, Dictionnaire de droit international public, Bruylant, Bruxelles, Collection « Universités francophones », 2001, p. 341 à 342)*.

 

Tel est le pari que le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Ali BONGO ONDIMBA fait dès son discours de circonstance, lors de la cérémonie de présentation des vœux par le Corps diplomatique accrédité au Gabon le 6 Janvier 2010. Car le travail accompli tout au long de la présidence mensuelle du Conseil de sécurité s’intègre dans le projet global irriguant l’ensemble du mandat du Gabon pour les deux années à venir :

 

« Le Gabon, comme vous le savez, a eu le privilège d’être élu au conseil de sécurité des Nation Unies, pour la période 2010/2011. Les principaux thèmes de notre agenda au cours de notre mandat s’articuleront principalement autour des points suivants :

 

-Interpellation du Conseil de sécurité dans la prévention et la résolution des conflits en Afrique ;

-Médiations et règlements des conflits armés, trafic illicite d’armes légères, des enfants et des femmes dans les conflits armés ;

-Et la question du réchauffement climatique. »

 

 

Au regard de cet agenda et des éminentes responsabilités que la République vient d’assumer à la tête du Conseil de sécurité, peut-on affirmer, espérer ou craindre que l’Emergence vienne finalement « de l’Extérieur » ?   

 

 

Arthur BENGA NDJEME : Nancy, le 31 Mars, l’An X, 21h 00

 


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posté le 31-03-2010 à 01:33:39 GMT +2

NGOYI

EL TIGRE 

 

 

  Soy el tigre.

Te acecho entre las hojas

anchas como lingotes

de mineral mojado.  

 

El río blanco crece

bajo la niebla. Llegas. 

 

 Desnuda te sumerges.

Espero. 

 

 Entonces en un salto

de fuego, sangre, dientes,

de un zarpazo derribo

tu pecho, tus caderas. 

 

Bebo tu sangre, rompo

tus miembros uno a uno.

Y me quedo velando

por años en la selva

tus huesos, tu ceniza,

inmóvil, lejos

del odio y de la cólera,

desarmado en tu muerte,

cruzado por las lianas,

inmóvil en la lluvia,

centinela implacable

de mi amor asesino.   

 

 

 

Pablo NERUDA.

 

 

 

 

**

 

 

 

Le Tigre

 

 

  

Je suis un Tigre.

Je te traque entre des feuilles

aussi larges que des lingots

de mineral humides.

 

 

 L’écume du fleuve grossit

Sous la brume ; quand soudain, tu apparais. 

 

 

Tu   plonges toute nue.

Je suis à l'affût.

 

 

C’est alors que, d’un bond

d’éclair, de sang, de crocs,

toutes griffes dehors, je t’agrippe

aux seins,  aux reins. 

 

 

Ton sang bu, je te croque

les os, l'un après l'autre.

Et je m'obstine à veiller

tes restes, tes cendres

dans la forêt pour l'éternité,

exilé, à des années-lumière

de la haine et de la passion,

impuissant face à ta mort,

transpercé de tout côté par des lianes,

pétrifié sous les intempéries,

sentinelle impassible

de mon amour infernal.   

 

 

 

Version d’Arthur BENGA NDJEME : Nancy, 31 Mars, An 10, 00h 33.

 


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Thizi  le 07-04-2010 à 19:52:15  #

Beni...je ne fais qu'apprécier la qualité de ton écriture.

africanostra  le 05-04-2010 à 02:08:28  #

Bonjour Thizi,
je te remercie pour tes encouragements.

Thizi  le 04-04-2010 à 20:09:21  #

Magnifique! Un poeme tout en suptilité..

 
 
posté le 30-03-2010 à 09:41:07 GMT +2

SUR LE TAPIS ROUGE DORE

LA REINA  

 

 

 

 

Yo te he nombrado reina.

Hay más altas que tú, más altas.

Hay más puras que tú, más puras.

Hay más bellas que tú, hay más bellas. 

 

 Pero tú eres la reina.  

 

Cuando vas por las calles

nadie te reconoce.

Nadie ve tu corona de cristal, nadie mira

la alfombra de oro rojo

que pisas donde pasas,

la alfombra que no existe.  

 

Y cuando asomas

suenan todos los ríos

en mi cuerpo, sacuden

el cielo las campanas,

y un himno llena el mundo.  

 

Sólo tú y yo,

sólo tú y yo, amor mío,

lo escuchamos. 

 

 

Pablo NERUDA

 

** 

 

LA REINE 

 

 

 Je te couronne reine.

Il en existe de bien grandes que toi, de bien grandes.

Il en est de plus pures que toi, de plus pures.

Il y en a aussi de plus douces; oui, de plus douces. 

 

Mais toi, tu es la reine!

 

 Te promènes-tu dans la rue

que nul ne s’en aperçoit.

Personne ne remarque ta couronne de cristal, personne n’admire

le tapis rouge doré

déroulé à tes pieds;

ce tapis que j’ai méticuleusement tissé pour toi. 

Et quand tu daignes apparaître,

tous les fleuves chantent en choeur

au fond de moi, une fanfare

fait vibrer les cieux,

et le monde s’endort aux  rythmes d'un hymne, 

 

dont seuls, toi et moi;

rien que nous deux, mon amour,

comprenons les paroles!   

 

 

Version d’Arthur BENGA NDJEME: Nancy, le 30 Mars de l’An 10, 09h 00.

 


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